Barème kilométrique 2026 : montants officiels et mode d'emploi

Jean-François Regheere · 12 août 2026 · 7 min de lecture

Courbe du barème kilométrique, avec ses ruptures de pente à 5 000 et 20 000 km.

Le barème kilométrique applicable en 2026 — celui de vos déplacements professionnels de 2025 — n'a pas été revalorisé. Il reprend à l'identique les montants en vigueur depuis l'imposition des revenus 2022. Pour une automobile de 5 CV, l'indemnité s'élève à 0,636 € par kilomètre jusqu'à 5 000 km parcourus dans l'année, puis change de formule au-delà.

« Barème 2026 » : de quelle année parle-t-on ?

C'est la confusion la plus répandue du sujet, et elle fait perdre un temps considérable à ceux qui la subissent.

Le barème que tout le monde appelle « barème 2026 » est celui que vous appliquez à la déclaration déposée au printemps 2026. Or cette déclaration porte sur vos revenus de 2025 — donc sur les kilomètres que vous avez parcourus en 2025. Un barème publié une année donnée concerne toujours les déplacements de l'année précédente.

La règle tient en une phrase : les trajets que vous faites aujourd'hui seront déclarés l'an prochain, avec un barème qui n'est pas encore publié. C'est précisément pour cela qu'il faut les noter au fur et à mesure, et non les reconstituer de mémoire au printemps.

Le barème kilométrique 2026

Automobile

Puissance fiscaleDistance annuelleMontant (d = distance en km)
1 à 3 CVJusqu'à 5 000 kmd × 0,529
1 à 3 CVDe 5 001 à 20 000 kmd × 0,316 + 1 065 €
1 à 3 CVAu-delà de 20 000 kmd × 0,370
4 CVJusqu'à 5 000 kmd × 0,606
4 CVDe 5 001 à 20 000 kmd × 0,340 + 1 330 €
4 CVAu-delà de 20 000 kmd × 0,407
5 CVJusqu'à 5 000 kmd × 0,636
5 CVDe 5 001 à 20 000 kmd × 0,357 + 1 395 €
5 CVAu-delà de 20 000 kmd × 0,427
6 CVJusqu'à 5 000 kmd × 0,665
6 CVDe 5 001 à 20 000 kmd × 0,374 + 1 457 €
6 CVAu-delà de 20 000 kmd × 0,447
7 CV et plusJusqu'à 5 000 kmd × 0,697
7 CV et plusDe 5 001 à 20 000 kmd × 0,394 + 1 515 €
7 CV et plusAu-delà de 20 000 kmd × 0,470

Changement de tranche à 5 000 km.

Motocyclette

Puissance fiscaleDistance annuelleMontant (d = distance en km)
1 à 2 CVJusqu'à 3 000 kmd × 0,395
1 à 2 CVDe 3 001 à 6 000 kmd × 0,099 + 891 €
1 à 2 CVAu-delà de 6 000 kmd × 0,248
3 à 5 CVJusqu'à 3 000 kmd × 0,468
3 à 5 CVDe 3 001 à 6 000 kmd × 0,082 + 1 158 €
3 à 5 CVAu-delà de 6 000 kmd × 0,275
6 CV et plusJusqu'à 3 000 kmd × 0,606
6 CV et plusDe 3 001 à 6 000 kmd × 0,079 + 1 583 €
6 CV et plusAu-delà de 6 000 kmd × 0,343

Changement de tranche à 3 000 km.

Cyclomoteur

Distance annuelleMontant (d = distance en km)
Jusqu'à 3 000 kmd × 0,315
De 3 001 à 6 000 kmd × 0,079 + 711 €
Au-delà de 6 000 kmd × 0,198

Changement de tranche à 3 000 km.

Dans ces formules, d désigne la distance parcourue à titre professionnel dans l'année, pour un même véhicule.

Le montant obtenu est une indemnité forfaitaire. Elle couvre l'usage du véhicule sans que vous ayez à produire la moindre facture d'entretien ou de carburant. En revanche — et c'est un contresens fréquent — elle ne vous dispense pas de justifier les déplacements eux-mêmes : leur date, leur motif professionnel et leur distance.

Quelle puissance fiscale retenir

La puissance fiscale n'est pas la puissance du moteur, et ce n'est pas non plus une estimation. C'est une valeur administrative qui figure sur votre certificat d'immatriculation, case P.6. Prenez la carte grise, lisez la case, n'extrapolez pas : une erreur d'un cheval fiscal déplace tout le calcul d'une colonne.

Trois précisions qui évitent les erreurs les plus courantes :

  • Le barème s'arrête à 7 CV. Un véhicule de 9 ou 12 CV relève de la même ligne que celui de 7 CV : il n'existe pas de colonne au-delà.
  • La location et la LOA ouvrent droit au barème, dès lors que vous supportez effectivement les charges du véhicule.
  • Un véhicule 100 % électrique bénéficie d'une majoration de 20 % du montant obtenu. Ni les hybrides, ni les hybrides rechargeables n'y ont droit.

Au-delà de 5 000 km, la formule change — et c'est là qu'on se trompe

C'est l'erreur la plus coûteuse du sujet, et la plus silencieuse : un calcul faux continue d'afficher un résultat parfaitement crédible.

Passé le seuil de tranche, le barème cesse d'être une simple multiplication. Le montant devient « distance × coefficient + un forfait », avec un coefficient nettement plus faible. Multiplier ses kilomètres par le taux de la première tranche surestime alors l'indemnité — c'est-à-dire que l'on déduit trop, ce qui est exactement le sens du risque en cas de contrôle.

Prenons une automobile de 5 CV ayant parcouru 8 000 km à titre professionnel :

  • calcul naïf : 8 000 × 0,636 = 5 088 €
  • calcul correct : (8 000 × 0,357) + 1 395 = 4 251 €

L'écart est de 837 €, en votre défaveur le jour où l'administration refait le calcul.

Ce forfait n'a rien d'arbitraire : il existe pour que la courbe reste continue au passage du seuil. À 5 000 km exactement, la première formule donne 3 180 €. À 5 001 km, la seconde donne 3 180,36 €. Le barème ne fait pas de saut — il change simplement de pente, parce que les frais fixes d'un véhicule sont déjà amortis passé un certain kilométrage.

Attention : le seuil dépend du véhicule. Il est à 5 000 km pour les automobiles, mais à 3 000 km pour les motocyclettes et les cyclomoteurs. Une alerte réglée sur 5 000 km resterait muette pour un deux-roues dont le total est déjà faux depuis mille kilomètres.

Si vous voulez vérifier un montant sans refaire ces opérations à la main, le calculateur de frais kilométriques applique le barème officiel, les tranches et la majoration électrique. Il est gratuit et ne demande pas de compte.

Ce que le barème couvre déjà

Le barème est un forfait global. Il intègre :

  • la dépréciation du véhicule,
  • les réparations et l'entretien,
  • les pneumatiques,
  • le carburant,
  • les primes d'assurance.

Vous ne pouvez donc pas déduire ces dépenses en plus du barème : ce serait les compter deux fois.

Trois frais échappent en revanche au forfait et restent déductibles séparément, sur justificatifs :

  • les péages,
  • les frais de stationnement liés à l'activité,
  • les intérêts d'emprunt contractés pour l'acquisition du véhicule.

Qui peut appliquer le barème

Le barème kilométrique est ouvert aux salariés qui optent pour les frais réels, aux professions libérales relevant des bénéfices non commerciaux, et sous conditions aux bénéfices industriels et commerciaux et agricoles.

Un cas mérite d'être dit franchement, parce qu'il est souvent mal compris : en micro-entreprise, le barème ne permet aucune déduction supplémentaire. L'abattement forfaitaire appliqué à votre chiffre d'affaires est réputé couvrir l'ensemble de vos charges, frais de véhicule compris. Tenir un relevé de vos déplacements y garde pourtant un intérêt réel : refacturer des frais de déplacement à un client suppose de pouvoir les détailler.

Ce qu'il faut conserver derrière le total

Un montant sans détail ne vaut rien en cas de contrôle. Pour chaque déplacement, l'administration attend de pouvoir reconstituer :

  • la date,
  • le motif professionnel, formulé précisément — « rendez-vous client » ne dit rien, « visite chantier — client Durand » se vérifie,
  • le lieu de départ et d'arrivée,
  • la distance, et d'où elle sort.

C'est la raison d'être d'un relevé tenu au fil de l'eau plutôt qu'un total reconstitué en avril. Si vous partez d'une feuille blanche, notre modèle de tableau Excel reprend ces colonnes et intègre le barème officiel — avec sa limite signalée noir sur blanc : le calcul trajet par trajet cesse d'être exact au passage du seuil de tranche.

Les autres articles du thème Barème kilométrique détaillent les cas particuliers : deux-roues, véhicules électriques, et le passage du seuil.

Vos frais kilométriques, sans le tableau à remplir

Kilomo enregistre vos déplacements, calcule les distances à partir des adresses et produit l'état de frais que votre comptable attend.